Départ volontaire à la retraite

25/9/2025

Comprendre les conditions, procédures et indemnités liées au départ volontaire à la retraite

Le départ volontaire à la retraite est une démarche initiée par le salarié lorsqu’il souhaite mettre fin à son contrat pour faire valoir ses droits à la retraite. Cette fiche pratique détaille les conditions d’âge, la procédure à respecter, les délais de préavis et les indemnités associées.

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Salarié senior quittant son entreprise lors d’un départ volontaire à la retraite, échange avec un responsable RH dans un cadre professionnel lumineux

Le contenu de la fiche pratique

Dernière mise à jour :
15.06.2026

Lorsqu'un salarié atteint l'âge légal lui ouvrant droit à une pension, il peut choisir de quitter volontairement son entreprise pour faire valoir ses droits à la retraite. Cette rupture du contrat de travail ne constitue pas une démission : il s'agit d'un mode de cessation autonome, à l'initiative du salarié, qui obéit à des règles précises en matière de procédure, de préavis et d'indemnisation.

1. Les conditions du départ volontaire à la retraite

Une rupture à l'initiative du salarié

Dans le cadre d'un départ volontaire à la retraite, c'est bien le salarié qui décide de mettre fin à son contrat de travail. Il ne faut pas confondre cette démarche avec la mise à la retraite, qui relève quant à elle de l'initiative de l'employeur. La volonté du salarié de partir doit être claire et dénuée d'équivoque.

L'âge requis pour partir

Pour rompre son contrat dans ce cadre, le salarié doit avoir atteint l'âge légal lui donnant droit à une pension de retraite. Depuis 2023, cet âge est relevé progressivement de 62 à 64 ans selon l'année de naissance :

Année de naissanceÂge possible de la retraite
Jusqu'au 31/08/196162 ans
Du 01/09/1961 au 31/12/196162 ans et 3 mois
196262 ans et 6 mois
196362 ans et 9 mois
196463 ans
196563 ans et 3 mois
196663 ans et 6 mois
196763 ans et 9 mois
À compter de 196864 ans

Point important : le fait de bénéficier ou non d'une pension à taux plein est sans incidence sur la possibilité de partir.

Certains salariés peuvent par ailleurs partir de manière anticipée : c'est notamment le cas des carrières longues, des salariés en situation de handicap, reconnus invalides ou inaptes au travail.

À noter : le départ volontaire n'est pas la seule option de fin de carrière. Le salarié peut aussi envisager la retraite progressive ou un cumul emploi-retraite, voire la signature d'un CDI senior pour valoriser son expérience.

2. La procédure à respecter

Aucun formalisme imposé

La loi n'impose aucun formalisme particulier pour notifier la décision de départ à la retraite à l'employeur. Il reste toutefois vivement recommandé de procéder par écrit afin d'écarter tout risque de contestation ultérieure.

Le salarié doit en outre indiquer à son employeur la date exacte à laquelle il entend prendre sa retraite. Le statut protecteur applicable aux salariés protégés ne joue pas ici : aucune autorisation de l'inspection du travail n'est à solliciter.

Le préavis

Le départ volontaire à la retraite suppose le respect d'un préavis dont la durée dépend de l'ancienneté dans l'entreprise :

Ancienneté dans l'entreprise *Durée légalePréavis conventionnel plus courtPréavis conventionnel plus long
Moins de 6 moisRien de prévu-Applicable
Entre 6 mois et 2 ans1 moisApplicableInapplicable
Au-delà de 2 ans2 mois

* L'ancienneté s'apprécie à la date d'envoi de la notification du départ en retraite.

Pour approfondir les règles de calcul et d'indemnisation applicables, consultez notre fiche sur le préavis : règles, durée et indemnisation.

Les actions de sensibilisation aux gestes qui sauvent

Avant le départ à la retraite du salarié, l'employeur doit lui proposer des actions de sensibilisation aux gestes qui sauvent. Celles-ci se déroulent durant l'horaire normal de travail et ce temps est assimilé à du temps de travail effectif.

Ces actions peuvent être dispensées par des organismes et des professionnels remplissant les conditions légales requises. Pour les salariés disposant déjà de ces compétences, l'employeur est dispensé de cette obligation : il doit néanmoins leur remettre une information sur l'importance de maintenir ces compétences à jour.

3. Les indemnités versées au salarié

L'indemnité de départ à la retraite

Sauf dispositions conventionnelles plus favorables, le salarié perçoit l'indemnité légale de départ à la retraite, à condition d'avoir demandé la liquidation de ses droits à la pension de vieillesse et de ne pas se trouver en situation de cumul emploi-retraite. Son montant est fonction de l'ancienneté :

AnciennetéMontant
Moins de 10 ans-
10 ans et moins de 15 ans0,5 mois de salaire
15 ans et moins de 20 ans1 mois de salaire
20 ans et moins de 30 ans1,5 mois de salaire
Au moins 30 ans2 mois

Le salaire de référence retenu correspond au plus favorable entre :

  • le 1/12 de la rémunération brute des 12 derniers mois précédant le départ en retraite ;
  • le 1/3 des 3 derniers mois. Les primes annuelles ou exceptionnelles versées pendant ces 3 derniers mois sont alors proratisées.
Exemple : si une prime annuelle de 1000€ est versée sur les 3 derniers mois, elle est prise en compte pour le calcul du 1/3 des 3 derniers mois de salaire à hauteur de 250€, soit 1000/12 x 3.

À notre sens, et au regard de la jurisprudence de la Cour de cassation, la période de référence des 12 ou 3 derniers mois n'inclut pas le temps de préavis : elle s'entend donc comme celle précédant la décision de départ à la retraite.

Les autres indemnités

Le salarié qui part à la retraite bénéficie également :

  • de son indemnité compensatrice de congés payés ;
  • de la contrepartie financière de sa clause de non-concurrence, lorsqu'il en est lié par une et que l'employeur ne la lève pas ;
  • de la prime d'intéressement ou de participation, dès lors qu'il était présent dans l'entreprise lors de l'exercice de référence, et ce même s'il a quitté l'entreprise au moment du versement.

Pour anticiper le traitement social et fiscal de ces sommes, reportez-vous à notre fiche sur l'indemnité de départ : régime social et fiscal.

4. Questions fréquentes

Le départ volontaire à la retraite est-il une démission ?

Non. Il s'agit d'un mode autonome de rupture du contrat de travail à l'initiative du salarié, distinct de la démission. La volonté de partir à la retraite doit être claire et non équivoque.

Faut-il avoir une pension à taux plein pour partir ?

Non. Dès lors que le salarié a atteint l'âge légal ouvrant droit à une pension de retraite, il peut partir, qu'il bénéficie ou non d'une pension à taux plein.

Le salarié doit-il respecter un préavis ?

Oui, sauf ancienneté inférieure à 6 mois pour laquelle aucune durée légale n'est prévue. Le préavis est d'1 mois entre 6 mois et 2 ans d'ancienneté, et de 2 mois au-delà de 2 ans, sous réserve de dispositions conventionnelles.

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Fiche rédigée par le service juridique de Paie & RH Solutions — Dernière mise à jour le 15/06/2026.

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Cette fiche pratique est un outil indispensable pour tout employeur et salarié concerné par un départ volontaire à la retraite. Elle vous permettra de comprendre clairement les conditions d’éligibilité, la procédure à respecter, les délais de préavis et les indemnités prévues. Téléchargez-la dès maintenant pour sécuriser vos démarches et garantir une gestion conforme de la fin de carrière.

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