Embaucher un salarié étranger en France : droit au séjour, autorisation de travail et obligations

24/2/2026

Sécuriser le recrutement d’un travailleur étranger : titres de séjour, autorisation de travail, formalités, taxe OFII et sanctions.

Notre fiche pratique vous aide à :

  • Comprendre la différence entre ressortissants européens et non européens
  • Identifier les titres de séjour autorisant ou non le travail
  • Savoir quand demander une autorisation de travail via l’ANEF
  • Vérifier les conditions liées à l’emploi, à l’employeur et à la rémunération
  • Effectuer le contrôle obligatoire auprès de la préfecture
  • Anticiper la taxe OFII et les formalités d’embauche
  • Sécuriser le statut du salarié étranger dans l’entreprise
  • Mesurer les risques administratifs et pénaux en cas d’irrégularité
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Procédure d’embauche d’un salarié étranger en France avec vérification du titre de séjour et autorisation de travail.

Le contenu de la fiche pratique

Dernière mise à jour :
15.06.2026

Recruter un travailleur étranger en France implique de vérifier méthodiquement son droit au séjour, de déterminer si une autorisation de travail est exigée, d'accomplir des formalités obligatoires et d'anticiper des sanctions parfois très lourdes. Cette fiche détaille chaque étape pour sécuriser votre embauche.

Entre droit au séjour, autorisation de travail, contrôle préfectoral et taxe versée à l'OFII, l'employeur doit articuler plusieurs obligations distinctes. Une erreur peut exposer l'entreprise à des amendes administratives et à des poursuites pénales. Voici comment procéder pas à pas.

1. Vérifier le droit au séjour du candidat

Avant toute démarche d'autorisation de travail, il faut s'assurer que la personne dispose du droit de séjourner en France. Les formalités à accomplir dépendent en effet directement du titre de séjour détenu par le candidat.

Les ressortissants européens

Les ressortissants de l'Union européenne ne sont soumis à aucune exigence de visa pour séjourner en France. Il en va de même pour les ressortissants de l'Espace économique européen (Islande, Norvège, Liechtenstein) et pour les Suisses. Ces personnes peuvent demander un titre de séjour, mais cette démarche reste facultative.

Les ressortissants non européens

Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile impose de détenir un titre de séjour pour rester en France au-delà de 3 mois. Dans ce domaine, il faut toujours vérifier si une convention bilatérale a été signée entre la France et l'État concerné et, le cas échéant, s'y référer en priorité.

Les titres autorisant leur titulaire à séjourner en France plus de 90 jours sont les suivants :

  • le visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) : conjoint de Français, salariés étrangers, etc. ;
  • le récépissé de demande ou de renouvellement de titre de séjour ;
  • l'attestation de prolongation d'instruction ;
  • l'autorisation provisoire de séjour (APS) ;
  • la carte de séjour temporaire (CST) ou le certificat de résidence algérien ;
  • la carte pluriannuelle de séjour ;
  • la carte de résident ;
  • la carte de résident permanent.

Les titulaires d'un titre de séjour « résident longue durée-UE » octroyé par un autre État membre de l'UE bénéficient d'une exemption de visa pour venir en France. Ils devront toutefois demander une carte de séjour temporaire dans les 3 mois suivant leur arrivée s'ils souhaitent s'y installer.

En l'absence de l'un de ces titres, une personne ne peut ni séjourner sur le territoire français ni y travailler.

Les visas de court séjour autorisant exceptionnellement le travail

Certains visas « court séjour » permettent malgré tout à leur titulaire de travailler, lorsqu'il vient en France dans un cadre spécifique :

  • manifestations sportives, culturelles, artistiques et scientifiques ;
  • colloques, séminaires et salons professionnels ;
  • production et diffusion cinématographiques, audiovisuelles, du spectacle et de l'édition phonographique, en tant qu'artiste ou personnel technique ;
  • mannequinat et pose artistique ;
  • emploi de maison pendant le séjour en France d'un employeur particulier ;
  • missions d'audit et d'expertise en informatique, gestion, finance, assurance, architecture et ingénierie en tant que salarié détaché sous contrat ;
  • enseignement dispensé en tant que professeur invité.
Un titre de séjour expiré ou non valide expose l'employeur à des risques majeurs. Pour aller plus loin, consultez notre fiche sur les obligations de l'employeur en cas de titre de séjour non valide.

2. Déterminer si une autorisation de travail est nécessaire

Une obligation légale

Pour embaucher un salarié étranger autorisé à séjourner en France, la loi exige qu'il soit titulaire d'une autorisation de travail. Cette autorisation peut être :

  • soit directement incluse dans le titre de séjour : dans ce cas, aucune autorisation spécifique n'est à demander ;
  • soit non intégrée : il revient alors à l'employeur de demander une autorisation de travail avant l'embauche.

Si le titre de séjour n'autorise pas le salarié à travailler, l'employeur doit déposer une demande auprès de l'ANEF (Administration numérique pour les étrangers en France). Une fois l'autorisation accordée, le recrutement peut intervenir.

Ne sont pas concernés par cette obligation les ressortissants de l'UE, de l'EEE et de la Suisse.

Les quatre conditions d'octroi de l'autorisation

Pour être accordée, la demande d'autorisation de travail doit respecter quatre conditions cumulatives.

L'emploi proposé. Pour que l'autorisation soit octroyée par l'ANEF, il faut soit que l'emploi figure sur la liste des métiers en tension (établie par zone et actualisée une fois par an), soit que l'employeur ait publié une offre d'emploi pendant 3 semaines consécutives au cours des 6 mois précédant le dépôt de la demande, auprès des organismes concourant au service public de l'emploi (France Travail par exemple), sans que cette offre ait été pourvue. Pour les travailleurs saisonniers, une seule offre publiée et non pourvue suffit à embaucher plusieurs travailleurs, à condition que l'emploi soit similaire pour tous.

L'employeur. Il doit respecter ses obligations sociales, ne pas avoir été condamné pénalement ou sanctionné administrativement (travail illégal, infractions aux règles générales de sécurité, atteinte à la personne humaine, faux et usage de faux, aide à l'entrée au séjour irrégulier, méconnaissance des règles du détachement temporaire) et fournir une attestation de moins de 6 mois du versement des cotisations sociales à l'organisme chargé de leur recouvrement. Pour un travailleur saisonnier, il doit également prouver que le salarié disposera d'un logement et de conditions de vie décents.

La rémunération. Le salarié doit être rémunéré au minimum au SMIC ou au minimum conventionnel.

La profession réglementée. Si la profession est réglementée, le salarié doit remplir les conditions réglementaires d'exercice.

Tableau récapitulatif des titres de séjour

Titre de séjourTravail sans demande spécifiqueRemarques
Ressortissant UE/EEE/SuissePas concerné (dispense de plein droit)
Carte de résidentOuiAucune restriction
Carte pluriannuelle « talent »OuiLimitée à l'activité pour laquelle la carte a été délivrée ; rémunération minimale ou condition de ressources variable selon la nature (salarié qualifié, carte bleue européenne, etc.)
Carte pluriannuelle « talent (famille) »OuiAucune restriction
CST « stagiaire ICT (famille) »OuiDurée limitée à la convention de stage ; pas de restriction sur l'activité exercée
Carte pluriannuelle « travailleur saisonnier »NonDemande d'autorisation de travail par l'employeur, pour chaque nouveau contrat
Carte pluriannuelle « salarié détaché ICT »OuiLimitée à l'activité pour laquelle elle a été délivrée
VLS-TS ou CST « salarié » / « travailleur temporaire »NonDemande d'autorisation par l'employeur, pour chaque nouveau contrat ou modification substantielle
CST ou pluriannuelle « étudiant » / « étudiant-programme de mobilité » (sauf Algérien)OuiLimitée à 60 % de la durée annuelle de travail : pas d'autorisation à demander
Étudiant AlgérienNonAutorisation nécessaire ; durée plafonnée à 50 % de la durée annuelle de travail
CST ou pluriannuelle « vie privée et familiale »OuiAucune restriction
Visa vacances-travailOuiAucune restriction
Récépissé (1re demande/renouvellement) mention « autorise son titulaire à travailler »OuiDans les mêmes conditions que le titre de séjour demandé
CST « recherche d'emploi ou création d'entreprise »OuiLimitée à une activité liée aux études/recherches ; rémunération au moins égale à 2734,55 € brut
APS des parents d'enfants soignés en FranceOuiAucune restriction
Carte « membre de la famille d'un citoyen UE/EEE/Suisse - toutes activités »OuiAucune restriction
Carte pluriannuelle « protection subsidiaire » ou « statut d'apatride »OuiAucune restriction
Récépissé 1re demande mention « N'autorise PAS à travailler » ou sans mention spécifiqueNonNe permet pas de travailler
Attestation de demande d'asileNonPas de travail durant les 6 premiers mois ; au-delà, autorisation provisoire de travail nécessaire
APS mention « N'autorise PAS à travailler » ou sans mention spécifiqueNonAutorisation provisoire de travail nécessaire
CST et VLS-TS mention « visiteur »NonInterdiction de travailler
CST et VLS-TS mention « retraité » ou « conjoint de retraité »NonNe permet pas de travailler
CST et VLS-TS mention « stagiaire »NonInterdiction de travailler hors stage
Titre de séjour délivré par un autre État membre de l'UENonNi séjour ni travail en France : un visa de long séjour doit être demandé
Visa de court séjour (VCS)Non sauf exceptionsAutorisation provisoire de travail nécessaire

3. Accomplir les formalités obligatoires

Le contrôle du droit au séjour

Qu'une autorisation de travail soit ou non nécessaire, une fois le titre de séjour recueilli, l'employeur doit en faire vérifier l'authenticité auprès de la préfecture du lieu d'embauche (ou du préfet de police à Paris), au moins 2 jours ouvrables avant la date d'embauche. Il s'agit d'une formalité obligatoire.

Aucune vérification n'est requise si le salarié est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi ou s'il s'agit d'un intérimaire. En l'absence de réponse de la préfecture dans les 2 jours ouvrables suivant la réception de la demande, l'obligation de l'employeur est considérée comme remplie. L'employeur doit conserver la copie du titre ainsi que la preuve de la vérification, en cas de contrôle.

Les obligations du travailleur étranger

Dans les 3 mois suivant la délivrance de l'autorisation de travail, le travailleur étranger doit passer une visite médicale auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Dans certains cas, il doit aussi suivre un parcours personnalisé d'intégration républicaine, qui peut comprendre :

  • une formation civique ;
  • une formation linguistique ;
  • un accompagnement facilitant son autonomie et son intégration dans la société française.

La taxe pour l'embauche d'un travailleur étranger

Dans certaines situations, l'employeur doit verser une taxe à l'OFII :

  • lors de la première admission au séjour d'un étranger en France (travailleur ou salarié détaché par une entreprise non établie en France) pour l'exercice d'une activité salariée soumise à autorisation de travail ;
  • lorsqu'un étranger déjà présent en France obtient, pour la première fois, un titre pour motif professionnel (par exemple un étudiant obtenant un titre de séjour « salarié »).

La taxe n'est pas due pour les ressortissants européens ni pour les titulaires d'un titre de séjour « talent ».

Type de contratSalaire brutMontant de la taxe
Contrat entre 3 et 12 moisInférieur ou égal à 1823,03 €74 €
Contrat entre 3 et 12 moisEntre 1823,03 € et 2734,55 €210 €
Contrat entre 3 et 12 moisAu-delà de 2734,55 €300 €
Contrat de plus de 12 moisMoins de 4557,58 €55 % du salaire mensuel brut
Contrat de plus de 12 moisAu moins 4557,58 €2506,67 €
Travailleur saisonnier50 € par mois

Les formalités à l'embauche

Dès que l'employeur est certain de pouvoir embaucher le salarié, il accomplit les formalités d'embauche classiques : déclaration préalable à l'embauche (DPAE), inscription au registre du personnel, visite médicale, information du salarié sur la relation de travail, etc. Si l'étranger n'a jamais été immatriculé à la sécurité sociale, et ne dispose donc pas de numéro de sécurité sociale, c'est à l'employeur d'effectuer la demande d'immatriculation via le site Ameli.

Pensez à formaliser correctement le contrat de travail. Notre fiche sur les clauses particulières au contrat de travail vous aide à sécuriser la rédaction.

4. Sécuriser le statut du salarié étranger dans l'entreprise

Une fois embauché, le travailleur étranger bénéficie des mêmes droits qu'un ressortissant français. Toute différence de traitement illicite fondée sur la nationalité du salarié, ou du candidat, est considérée comme discriminatoire.

Le Code du travail prévoit néanmoins quelques particularités :

  • le registre du personnel mentionne le type et le numéro d'ordre du titre valant autorisation de travail, et une copie du titre y est annexée ;
  • le CSE doit être informé des conditions de logement des travailleurs étrangers dans les entreprises d'au moins 50 salariés ;
  • les salariés étrangers justifiant de contraintes géographiques peuvent prendre 5 semaines d'affilée de congés payés ;
  • le salarié et son conjoint ont droit à un congé non rémunéré pour acquisition de la nationalité, afin d'assister à la cérémonie d'accueil dans la citoyenneté française ;
  • des formations en français peuvent être proposées dans le cadre du plan de développement des compétences ;
  • un étranger signataire du contrat d'intégration républicaine peut suivre sa formation en français durant son temps de travail, dans la limite de 80 heures au total.

5. Mesurer les risques de sanctions

Embaucher un salarié sans titre de séjour valide ou sans autorisation de travail expose l'employeur à des risques importants. Celui qui recrute ou conserve un salarié étranger sans titre l'autorisant à travailler peut être assujetti à une amende administrative prononcée par le ministre chargé de l'immigration.

Le montant maximal correspond à 5 000 fois le taux horaire du salaire minimum garanti par étranger, et 15 000 fois en cas de réitération ; l'amende est appliquée autant de fois qu'il y a d'étrangers concernés.

Au-delà des sanctions administratives, l'employeur peut être condamné pénalement à 5 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Sur le plan des ressources humaines, l'emploi irrégulier peut bloquer ou faire échouer le processus de recrutement, voire conduire à la rupture d'un contrat en cours si le refus ou le retrait de titre prive le salarié du droit au travail.

D'autres situations de recrutement spécifiques appellent une vigilance particulière : consultez nos fiches sur l'embauche d'un salarié mineur et sur le stage en entreprise.

Questions fréquentes

Un ressortissant de l'Union européenne a-t-il besoin d'une autorisation de travail ?

Non. Les ressortissants de l'UE, de l'EEE (Islande, Norvège, Liechtenstein) et de la Suisse bénéficient d'une dispense de plein droit : ils ne sont pas concernés par l'autorisation de travail et n'ont aucune démarche spécifique à effectuer pour être embauchés.

Le contrôle du titre de séjour auprès de la préfecture est-il toujours obligatoire ?

Oui, dans la plupart des cas. L'employeur doit faire vérifier l'authenticité du titre auprès de la préfecture au moins 2 jours ouvrables avant l'embauche. Cette vérification n'est toutefois pas requise pour un salarié inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi ou pour un intérimaire.

Quelles sanctions en cas d'embauche d'un salarié étranger sans autorisation de travail ?

L'employeur encourt une amende administrative pouvant atteindre 5 000 fois le taux horaire du salaire minimum garanti par étranger (15 000 fois en cas de réitération), ainsi qu'une condamnation pénale pouvant aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende.

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Fiche rédigée par le service juridique de Paie & RH Solutions — Dernière mise à jour le 15/06/2026.

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