Les heures complémentaires : règles, limites et majorations en temps partiel
Maîtriser les heures complémentaires des salariés à temps partiel pour sécuriser la gestion du temps de travail et éviter les risques de requalification.
Les heures complémentaires permettent aux salariés à temps partiel de travailler au-delà de leur durée contractuelle. Cette fiche pratique vous aide à comprendre les limites applicables, les règles de majoration, les droits du salarié et les obligations de l’employeur.

Le contenu de la fiche pratique
Tout salarié à temps partiel peut être amené à travailler au-delà de la durée prévue à son contrat : il effectue alors des heures complémentaires, et non des heures supplémentaires. Limites, décompte, réajustement du contrat, droit de refus, majorations et complément d'heures : cette fiche détaille l'ensemble du régime applicable.
1. L'accomplissement des heures complémentaires
La limite du nombre d'heures
Les heures complémentaires peuvent être effectuées dans la limite du 1/10e de la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail prévue au contrat. Cette limite peut être portée jusqu'à 1/3 de cette durée par convention collective ou accord d'entreprise.
Les heures complémentaires ne doivent jamais porter la durée de travail du salarié au niveau de la durée légale (ou de la durée conventionnelle applicable dans l'entreprise, si elle est inférieure). Dès la première irrégularité, la sanction est la requalification du contrat à temps complet : le salarié peut alors demander le paiement d'un salaire à temps complet à compter de la date où la durée légale a été atteinte pour la première fois, et ce pour toute la durée restante de son contrat.
Le décompte des heures complémentaires
Le décompte des heures complémentaires s'effectue par rapport à la durée de travail fixée par le contrat. Les limites et majorations peuvent ainsi être calculées à la semaine ou au mois : pour déterminer le mode de calcul applicable, il est impératif de se reporter à l'article du contrat relatif à la durée du travail, et non à la notion de rémunération mensualisée.
2. Le réajustement de la durée de travail
En cas d'accomplissement régulier d'heures complémentaires, la durée contractuelle de travail du salarié doit être réajustée. C'est le cas lorsqu'une moyenne d'au moins 2 heures complémentaires par semaine est effectuée sur 12 semaines consécutives, ou sur 12 semaines au cours d'une période de 15 semaines. L'employeur doit alors informer le salarié de ce réajustement, celui-ci disposant de 7 jours pour s'y opposer.
3. Le refus du salarié
Le salarié a le droit de refuser d'effectuer des heures complémentaires dans au moins l'un des cas suivants : lorsqu'il est informé moins de 3 jours avant la date à laquelle ces heures sont prévues (ou un autre délai conventionnel plus favorable), ou lorsque ces heures sont accomplies au-delà des limites fixées par le contrat. Ce refus ne constitue alors ni une faute, ni un motif de licenciement.
En revanche, si le salarié est informé au moins 3 jours à l'avance et que les heures restent dans les limites prévues au contrat, il ne peut pas refuser de les effectuer. Un refus dans ce cas constitue une faute pouvant justifier une sanction disciplinaire (avertissement, mise à pied…) ou, selon les circonstances, un licenciement pour faute.
4. Les majorations des heures complémentaires
Le taux des majorations
Toute heure complémentaire accomplie donne lieu à une majoration de salaire. Ce taux peut être fixé par convention ou accord de branche étendu, sans pouvoir être inférieur à 10 %. À défaut de convention ou d'accord, le taux de majoration est fixé à 10 % pour chaque heure accomplie dans la limite du 1/10e de la durée de travail prévue au contrat, et à 25 % pour chaque heure accomplie au-delà de ce 1/10e (et dans la limite du 1/3).
La base de calcul des majorations
Ces majorations sont calculées sur le salaire horaire effectif, en incluant uniquement les primes ayant le caractère de salaire et inhérentes à la nature du travail. Le salaire retenu doit être le salaire réel du salarié, et non le salaire minimum légal ou conventionnel, et le calcul s'effectue sans abattement.
| Élément de salaire | Pris en compte |
|---|---|
| Majoration ou indemnité forfaitaire pour travail du dimanche | Oui |
| Majoration ou indemnité forfaitaire pour travail férié | Oui |
| Majoration ou indemnité forfaitaire pour travail de nuit | Oui |
| Prime d'ancienneté | Non |
| Primes exceptionnelles en contrepartie du travail du salarié | Oui |
| Primes exceptionnelles non liées au travail du salarié | Non |
| Prime de fin d'année, 13e mois si en contrepartie du travail | Oui |
| Prime d'intéressement | Non |
| Prime d'objectif (non liée au rendement) | Non |
| Prime de participation | Non |
| Prime de production dépendant de la production d'un groupe d'ouvriers | Oui |
| Prime liée au rendement individuel | Oui |
| Prime non liée au rendement individuel | Non |
| Prime résultant des conditions de travail (froid, salissure, polyvalence…) | Oui |
| Prime en fonction du lieu de travail (détachement, dépaysement…) | Oui |
| Frais professionnels | Non |
| Avantages en nature | Oui |
Il convient toujours de se référer à la convention collective applicable, qui peut prévoir des règles spécifiques. Le taux de majoration est fixé selon les éléments de salaire en vigueur le mois où les heures sont effectivement payées.
5. La contrepartie : un paiement obligatoire
Les heures complémentaires doivent obligatoirement faire l'objet d'une rémunération en salaire. Contrairement aux heures supplémentaires, le repos compensateur de remplacement est interdit pour les heures complémentaires.
Leur règlement doit normalement intervenir avec la paie qui suit leur accomplissement, sous réserve de dispositions particulières en cas d'aménagement du temps de travail sur une période supérieure à la semaine (annualisation, régime supplétif) ou de convention de forfait sur l'année.
Les majorations pour heures complémentaires et les majorations conventionnelles pour travail de nuit, du dimanche ou des jours fériés n'ont pas le même objet : elles se cumulent donc, sauf stipulations contraires de la convention ou de l'accord collectif applicable.
6. Le complément d'heures
Un avenant au contrat de travail peut être conclu pour augmenter temporairement la durée de travail du salarié. Seules les heures effectuées au-delà de la durée définie par cet avenant constituent des heures complémentaires ; mais contrairement au régime normal, elles sont directement majorées à 25 %.
7. Questions fréquentes
Un salarié à temps partiel peut-il refuser toute heure complémentaire ?
Non, il ne peut refuser que dans deux cas : s'il est informé moins de 3 jours à l'avance, ou si les heures demandées dépassent les limites fixées par son contrat. En dehors de ces cas, un refus peut être sanctionné.
Les heures complémentaires peuvent-elles être compensées par du repos ?
Non, contrairement aux heures supplémentaires, les heures complémentaires doivent obligatoirement être payées en salaire ; le repos compensateur de remplacement est interdit.
Que se passe-t-il si un salarié effectue régulièrement plus d'heures que prévu à son contrat ?
Si une moyenne d'au moins 2 heures complémentaires par semaine est constatée sur 12 semaines consécutives (ou sur 12 semaines dans une période de 15), l'employeur doit réajuster la durée contractuelle de travail, sauf opposition du salarié dans un délai de 7 jours.
Fiche rédigée par le service juridique de Paie & RH Solutions — Dernière mise à jour le 06/07/2026.
Pourquoi télécharger cette fiche pratique ?
Cette fiche pratique vous permet de :
- sécuriser la gestion des salariés à temps partiel ;
- éviter les erreurs de calcul sur les heures complémentaires ;
- comprendre les limites à ne pas dépasser ;
- maîtriser les règles de majoration et de rémunération ;
- limiter les risques de contentieux et de requalification ;
- appliquer correctement les règles sociales et conventionnelles.
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