Les heures complémentaires : règles, limites et majorations en temps partiel

27/5/2026

Maîtriser les heures complémentaires des salariés à temps partiel pour sécuriser la gestion du temps de travail et éviter les risques de requalification.

Les heures complémentaires permettent aux salariés à temps partiel de travailler au-delà de leur durée contractuelle. Cette fiche pratique vous aide à comprendre les limites applicables, les règles de majoration, les droits du salarié et les obligations de l’employeur.

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Gestion des heures complémentaires et calcul des majorations pour les salariés à temps partiel.

Le contenu de la fiche pratique

Dernière mise à jour :
02.06.2026

Tout salarié à temps partiel peut être amené à travailler au-delà de la durée prévue à son contrat. Il effectue alors des heures complémentaires — à ne pas confondre avec les heures supplémentaires. Voici les limites applicables, les règles de majoration, les droits du salarié et les obligations de l'employeur.

1. Définition des heures complémentaires

Les heures complémentaires sont les heures effectuées par un salarié à temps partiel au-delà de la durée de travail fixée dans son contrat, sans atteindre la durée légale. Elles obéissent à un régime juridique propre, distinct de celui des heures supplémentaires.

2. Limites légales et conventionnelles

Les heures complémentaires peuvent être effectuées dans la limite du 1/10ᵉ de la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail prévue au contrat. Cette limite peut être portée jusqu'au 1/3 de cette durée par convention collective ou accord d'entreprise.

⚠️ Cette limite portée au 1/3 doit être expressément indiquée dans le contrat de travail du salarié à temps partiel. À défaut, c'est la limite du 1/10ᵉ qui s'applique.

Les heures complémentaires ne doivent jamais porter la durée de travail au niveau de la durée légale (ou de la durée conventionnelle applicable si elle est inférieure). Dès la première irrégularité, la sanction est la requalification du contrat en temps complet : le salarié peut alors réclamer un salaire à temps plein à compter de la date où la durée légale a été atteinte pour la première fois, pour toute la durée restante de son contrat.

Décompte des heures complémentaires

Le décompte s'effectue par rapport à la durée fixée au contrat. Les limites et majorations se calculent soit à la semaine, soit au mois. Pour savoir quel mode retenir, il faut impérativement se reporter à l'article « durée du travail » du contrat — et non à la notion de rémunération mensualisée.

Exemple — Contrat fixant 24 h/semaine : les heures complémentaires ne peuvent excéder 24 × 1/10 = 2,40 h par semaine. Contrat fixant 104 h/mois avec décompte mensuel : pas plus de 10,40 h/mois — mais le salarié peut tout de même effectuer 4 h sur une seule semaine.

Réajustement de la durée contractuelle

En cas d'accomplissement régulier d'heures complémentaires, la durée contractuelle doit être réajustée. C'est le cas lorsqu'une moyenne d'au moins 2 h par semaine est constatée sur 12 semaines consécutives, ou sur 12 semaines au cours d'une période de 15 semaines. L'employeur doit alors informer le salarié, qui dispose de 7 jours pour s'y opposer.

Exemple — Contrat de 20 h/semaine avec 2 h complémentaires possibles. Sur 12 semaines : 11 semaines à 22 h et 1 semaine à 20 h. Moyenne réelle = (22 × 11 + 20 × 1) / 12 = 262 / 12 = 21,83 h. Le contrat doit être modifié pour prévoir 21,83 h/semaine.

Refus du salarié et conséquences disciplinaires

Le salarié peut refuser d'effectuer des heures complémentaires dans au moins l'un de ces cas :

  • s'il est informé moins de 3 jours avant la date prévue (ou autre délai conventionnel plus favorable) ;
  • si ces heures sont accomplies au-delà des limites fixées par son contrat.

Dans ces cas, le refus ne constitue ni une faute, ni un motif de licenciement. En revanche, si le salarié est prévenu au moins 3 jours avant et que les heures restent dans les limites contractuelles, son refus constitue une faute pouvant justifier une sanction disciplinaire (avertissement, mise à pied…) voire, selon les circonstances, un licenciement.

3. Taux et base de calcul des majorations

Taux des majorations

Toute heure complémentaire donne lieu à une majoration de salaire. Le taux peut être fixé par convention ou accord de branche étendu, sans être inférieur à 10 %. À défaut d'accord :

  • 10 % pour chaque heure accomplie dans la limite du 1/10ᵉ de la durée contractuelle ;
  • 25 % pour chaque heure accomplie au-delà du 1/10ᵉ (et dans la limite du 1/3).

Base de calcul des majorations

Les majorations se calculent sur le salaire horaire effectif, comprenant uniquement les primes ayant le caractère de salaire et inhérentes à la nature du travail. On retient le salaire réel du salarié — pas le minimum légal ou conventionnel — et sur le taux horaire des heures normales, sans abattement.

Élément de salairePris en compte ?
Majoration / indemnité forfaitaire pour travail du dimancheOui
Majoration / indemnité forfaitaire pour travail fériéOui
Majoration / indemnité forfaitaire pour travail de nuitOui
Prime d'anciennetéNon
Primes exceptionnelles en contrepartie du travail du salariéOui
Primes exceptionnelles non liées au travail du salariéNon
Prime de fin d'année / 13ᵉ mois (si contrepartie du travail)Oui
Prime d'intéressementNon
Prime d'objectif (non liée au rendement)Non
Prime de participationNon
Prime de production liée à la production d'un groupe d'ouvriersOui
Prime liée au rendement individuelOui
Prime non liée au rendement individuelNon
Prime liée aux conditions de travail (froid, salissure, polyvalence…)Oui
Prime liée au lieu de travail (détachement, dépaysement…)Oui
Frais professionnelsNon
Avantages en natureOui

* En application du droit du travail, ne pas oublier de se reporter à la convention collective applicable (CCN).

Le taux de majoration est fixé selon les éléments de salaire du mois où les heures sont payées.

Exemple — Un salarié payé au SMIC à 12,02 € brut effectue 3 heures complémentaires en février 2026, dans la limite du 1/10ᵉ (majoration 10 %). Ces heures sont payées en mars 2026, mois où son taux est passé à 12,20 €. Elles seront donc réglées sur la base de mars : 12,20 € × 1,10 = 13,42 € brut (et non 13,22 €).

4. Paiement obligatoire des heures complémentaires

Les heures complémentaires doivent obligatoirement être rémunérées en salaire. Contrairement aux heures supplémentaires, le repos compensateur de remplacement est interdit.

Leur règlement intervient normalement avec la paie qui suit leur accomplissement. Des dispositions particulières existent en cas d'aménagement du temps de travail sur une période supérieure à la semaine (annualisation, régime supplétif) ou de convention de forfait sur l'année.

Cumul possible de majorations

Les majorations pour heures complémentaires et les majorations conventionnelles pour travail de nuit, du dimanche ou des jours fériés n'ayant pas le même objet, elles se cumulent, sauf stipulation contraire de la convention ou de l'accord collectif.

Allégement de cotisations

Les heures complémentaires ouvrent droit aux mêmes réductions de cotisations salariales que les heures supplémentaires. Cette réduction ne s'applique toutefois ni aux heures « de complément », ni aux heures accomplies dans le cadre d'un temps partiel modulé. Elles n'ouvrent en revanche droit à aucune déduction de cotisations patronales.

5. Le complément d'heures

Un avenant au contrat peut être conclu pour augmenter temporairement la durée du travail. Seules les heures effectuées au-delà de la durée définie par l'avenant sont des heures complémentaires — mais elles sont alors majorées directement à 25 %.

Ce dispositif suppose impérativement un accord de branche étendu signé, précisant notamment le nombre maximal d'avenants par an et par salarié (limité à 8 par la loi, hors remplacement d'un salarié absent nommément désigné). Conclu hors de ce cadre légal, l'avenant est réputé conclu à durée indéterminée.

Fiche rédigée par le service juridique de Paie & RH Solutions — Dernière mise à jour le 21/05/2026.

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Cette fiche pratique vous permet de :

  • sécuriser la gestion des salariés à temps partiel ;
  • éviter les erreurs de calcul sur les heures complémentaires ;
  • comprendre les limites à ne pas dépasser ;
  • maîtriser les règles de majoration et de rémunération ;
  • limiter les risques de contentieux et de requalification ;
  • appliquer correctement les règles sociales et conventionnelles.

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