La gestion des jours fériés
Comprendre la Gestion des Jours Fériés
Il y a 11 jours fériés légaux en France, mais à l’exception du 1er mai, ils ne sont pas forcément synonymes de repos. Cette fiche pratique vous donne un aperçu sommaire des règles applicables en matière de jours fériés, notamment s’il est possible de travailler un jour férié, l’incidence d’un jour férié sur le salaire et l’organisation du temps de travail.

Le contenu de la fiche pratique
En France, le Code du travail recense onze jours fériés légaux, mais en dehors du 1er mai, ils ne riment pas systématiquement avec repos. Travail autorisé ou non, conséquences sur le salaire, impact sur le décompte des congés et des heures supplémentaires : ce guide reprend les règles concrètes que tout employeur et gestionnaire RH doit maîtriser.
Les onze jours fériés légaux sont les suivants : le 1er janvier, le Lundi de Pâques, le 1er mai, le 8 mai, l'Ascension, le Lundi de Pentecôte, le 14 juillet, le 15 août, le 1er novembre, le 11 novembre et le 25 décembre. À cette liste peuvent s'ajouter des jours propres à certains usages locaux.
1. Peut-on imposer le travail un jour férié ?
Le statut particulier du 1er mai
Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé. Il existe toutefois des dérogations pour les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent pas interrompre le travail.
Sont notamment concernés :
- les transports ;
- les usines à feu continu ;
- les établissements hospitaliers ;
- l'hôtellerie ;
- les entreprises de gardiennage.
En dehors de ces secteurs, le salarié est en droit de refuser de travailler le 1er mai : son refus n'est pas constitutif d'une faute.
Les dix autres jours fériés
Les dix autres jours fériés ne sont pas automatiquement chômés. C'est l'employeur qui décide de les accorder ou non en repos, et il peut donc faire varier d'une année à l'autre les jours de repos correspondant aux jours fériés.
Dans ce cadre, le refus du salarié de travailler un jour férié peut constituer une faute, et l'absence peut donner lieu à une retenue sur salaire.
Enfin, pour l'ensemble des jours fériés, un salarié ne peut jamais être contraint de travailler un autre jour afin de « rattraper » les heures non effectuées lors d'un jour férié chômé.
2. Quelle incidence d'un jour férié sur le salaire ?
Le salarié travaille un jour férié
Le 1er mai travaillé : la loi prévoit que le salarié a droit à une rémunération doublée (hors majoration pour heures supplémentaires). Lorsqu'une convention collective prévoit l'attribution d'un repos pour le travail du 1er mai, celui-ci s'ajoute à cette indemnité mais ne peut s'y substituer.
Un autre jour férié travaillé : sauf dispositions conventionnelles prévoyant une majoration de salaire ou l'octroi d'un repos, le jour férié travaillé est rémunéré comme n'importe quelle journée de travail et n'ouvre pas droit à repos.
Le salarié est en repos
Sur le plan légal, le chômage d'un jour férié ne peut entraîner aucune perte de salaire, sous certaines conditions.
Le 1er mai chômé : aucune condition n'est exigée, la rémunération du salarié doit être égale à celle qu'il aurait perçue s'il avait travaillé. En revanche, si le 1er mai est compris dans une période de suspension du contrat, il n'est pas payé.
Le chômage des autres jours fériés : pour bénéficier du maintien de leur rémunération, les salariés doivent justifier d'au moins 3 mois d'ancienneté dans l'entreprise (sous réserve de dispositions plus favorables prévues par la convention collective).
En principe, seuls les salariés qui auraient travaillé si le jour férié n'avait pas été chômé ont droit à son paiement. Un jour férié chômé inclus dans une période d'absence ou de suspension de contrat n'a donc pas à être payé.
3. Quelle incidence sur le temps de travail ?
Le jour férié chômé n'est pas du temps de travail effectif
Les heures fériées chômées ne sont pas prises en compte dans la durée de travail effective servant au calcul des heures supplémentaires.
Exemple : un salarié à 35 h par semaine effectue 3 h supplémentaires au cours d'une semaine comportant un jour férié. Ces heures ne seront pas des heures supplémentaires mais seront rémunérées au taux normal. Sur la semaine, il n'aura en effet réalisé que 31 heures de travail effectif (4 jours x 7 h + 3 h supplémentaires).
Pour aller plus loin sur cette articulation, consultez nos fiches sur les durées de travail, les bases et sur la journée de solidarité.
Le jour férié compris dans une période de congés payés
Le jour férié coïncidant avec un jour de congé ouvrable ou ouvré ne peut pas être décompté à ce titre.
Exemple : un salarié ayant posé la semaine du 13 au 17/07/2026 n'aura que 5 jours ouvrables décomptés au lieu de 6 (ou 4 jours ouvrés au lieu de 5).
Si un jour férié tombe un samedi dans une entreprise pratiquant le décompte des congés en jours ouvrés, le salarié en congé cette semaine-là n'aura que 4 jours décomptés et non 5, afin de respecter l'équité avec les salariés décomptés « en jours ouvrables » qui, dans la même situation, ont 5 jours décomptés au lieu de 6. Pour le détail du décompte, voir notre fiche les congés payés.
Le jour férié tombe un jour de repos habituel ou un jour d'absence
Le jour férié chômé qui coïncide avec un jour de repos habituel (y compris le samedi et le dimanche) n'a aucune incidence : l'employeur n'a aucune obligation de rémunération supplémentaire ni d'octroi d'un jour de repos, sauf dispositions conventionnelles plus favorables. Le cas du dimanche fait l'objet de règles spécifiques détaillées dans notre fiche sur le travail du dimanche.
Un jour de RTT ne peut pas être positionné sur un jour férié chômé, même si une mention contraire est prévue conventionnellement. Si les deux jours coïncident, le jour de RTT doit être reporté à une autre date non chômée.
Un jour férié compris dans une période de suspension du contrat n'est pas récupéré au retour du salarié et ne reporte pas la date de reprise (maternité, maladie, congé pour événement familial, grève, etc.).
4. Questions fréquentes
Un salarié peut-il refuser de travailler un jour férié ?
Pour le 1er mai, oui, sauf dans les secteurs dérogatoires (transports, usines à feu continu, établissements hospitaliers, hôtellerie, gardiennage). Pour les dix autres jours fériés, le refus peut être fautif, sauf lorsque le repos est imposé par la convention collective ou résulte d'un usage d'entreprise.
Le travail du 1er mai est-il payé double ?
Oui. La loi prévoit une rémunération doublée pour le 1er mai travaillé, hors majoration pour heures supplémentaires. Si la convention collective prévoit un repos en plus, celui-ci s'ajoute à l'indemnité sans pouvoir la remplacer.
Quelle ancienneté faut-il pour être payé un jour férié chômé ?
Pour les jours fériés autres que le 1er mai, le maintien de la rémunération suppose au moins 3 mois d'ancienneté, sauf dispositions conventionnelles plus favorables. Le 1er mai chômé, lui, est payé sans condition d'ancienneté.
Fiche rédigée par le service juridique de Paie & RH Solutions — Dernière mise à jour le 15/06/2026.
Pourquoi télécharger cette fiche pratique ?
Cette fiche pratique est un outil précieux pour les employeurs et les gestionnaires des ressources humaines. Elle vous aidera à comprendre les règles de gestion des jours fériés, à naviguer dans les différentes obligations et procédures, et à gérer efficacement ces aspects dans votre entreprise. Téléchargez notre fiche pratique dès maintenant pour enrichir vos connaissances et renforcer vos compétences en gestion des ressources humaines.

.png)














.png)
.png)